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Filière automobile : une reprise portée par la transition énergétique ?

Terminal roulier du Havre

Le secteur de l’automobile, bien que fragilisé par la crise sanitaire a su s’adapter et mettre ses capacités de production au service des équipements de santé. La logistique de la filière s’est également organisée pour contenir les impacts de la crise. Quelles sont aujourd’hui les perspectives de ce secteur phare ?

Un secteur qui n’a pas été épargné par la crise

Le marché de l’automobile a été très durement touché par la crise sanitaire. La production s’est brutalement arrêtée en France comme dans le monde entier. Les arrêts ou ralentissements d’usines représentent une perte de production de plus de 2,4 millions de véhicules en Europe.

La mise à l’arrêt des sites industriels n’a pas été sans conséquences sur les emplois en Europe : 1,1 million d’emplois ont été affectées par les fermetures d’usines au niveau des constructeurs automobiles. Et ceci sans compter les impacts sur les emplois de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement automobile.

Avec la fermeture des concessions durant le confinement, les ventes ont également été stoppées. Les ventes de voitures neuves ont ainsi enregistré une baisse de 26% en Europe au premier trimestre 2020. Les prévisionnistes envisagent un recul des ventes mondiales d’environ 22% pour l’année 2020 mais celles-ci devraient repartir à la hausse dès 2021, même si elles resteront malgré tout en dessous du niveau de 2019.

Une organisation logistique adaptée au contexte

Au niveau maritime, la crise sanitaire n’a fait qu’ajouter des tensions dans un secteur déjà en difficulté depuis la crise de 2008. Du fait du recul de la demande de transport maritime, les volumes de véhicules traités sont ainsi attendus en baisse en 2020. Les armements rouliers ont adapté leur offre opérationnelle en réduisant les fréquences de leurs services maritimes.

Dans ce contexte complexe, HAROPA a assuré la continuité opérationnelle des services rouliers durant toute la période de confinement.

Ainsi, l’activité maritime n’a jamais cessé au terminal roulier du Havre. Les manutentionnaires ont continué d’assurer les chargements et déchargements des navires Ro-Ro tout en appliquant les mesures sanitaires nécessaires. Le port a même accueilli des trafics de véhicules initialement destinés à d’autres ports français – voire européens - dont l’activité était à l’arrêt ou les terminaux saturés.

L’activité de finition de véhicules a par ailleurs continué tant que les concessions étaient ouvertes et que les opérateurs pouvaient leur livrer les véhicules.

Avec 104 hectares remplis, le terminal roulier a permis aux opérateurs de stocker un maximum de véhicules durant la crise. Des postes à quai supplémentaires sur la zone portuaire havraise ont également été proposés à certains armements dans l’attente de la reprise.

L’industrie automobile engagée dans le combat contre la crise

Face à la crise, un grand nombre de constructeurs automobiles ont prêté main forte en organisant la reconversion de certaines industries pour la production d’équipements de santé.

Ainsi, nombreux sont les exemples d’actions entreprises par les acteurs de la filière :

  • Réorientation de leurs outils de production afin de mettre leurs installations et leur savoir-faire industriel au profit de la fabrication d’équipements de soin ;
  • Mise à disposition de main-d’œuvre aux usines de fabrication de respirateurs pour répondre à l’urgence des besoins ;
  • Fourniture de véhicules pour des secouristes et bénévoles en première ligne.

Un vaste plan de relance du secteur

Dans ce contexte compliqué pour la filière, le gouvernement français a engagé un plan de soutien de 8 milliards d’euros à destination de l’industrie automobile, tout en s’inscrivant dans la transition écologique. Une série de mesures destinées à sauvegarder la filière automobile française et à faciliter son rebond ont ainsi été annoncées.

Tout d’abord, le gouvernement va mettre en place des garanties financières massives à destination des entreprises. Renault va ainsi bénéficier d’un prêt garanti de l’Etat de 5 milliards d’euros.

Autres annonces majeures pour soutenir la demande tout en renouvelant le parc français en faveur de véhicules propres : la hausse des primes à la conversion des voitures polluantes et l’augmentation du bonus pour l’achat de véhicules électriques. Ces 2 mesures, d’un montant de 1,3 milliard d’euros, ont pour double objectif d’écouler les stocks d'invendus et d’encourager les achats de véhicules neufs électriques et émettant moins de CO2.

Finalement, ce plan comprend également des mesures pour encourager la production française, en particulier celle de véhicules électriques : un fond d'un montant d'un milliard d'euros est ainsi annoncé.

Quelles perspectives post-crise ?

A ce jour, l’activité automobile redémarre doucement, tant au niveau de la production avec la reprise progressive des usines qu’au niveau des ventes avec la réouverture des concessions qui sont de nouveau livrées par les opérateurs.

L’activité maritime roulier reprend quant à elle un rythme presque normal. Preuve de la confiance du secteur dans la reprise, HAROPA a pour projet d’agrandir de 20 hectares son terminal roulier.

 

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