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Vins & spiritueux : vers une reprise de la filière après une année difficile ?

vinsLa France, acteur majeur de la filière

La France est le 1er exportateur mondial - en valeur - de vin et eaux de vie. Elle est le 2ème producteur de vin au monde derrière l’Italie, avec 17% du volume mondial de production.

Bénéficiant d’une notoriété importante de ses vins à l’étranger, les exportations françaises sont majoritairement orientées vers les vins milieu et haut de gamme, principalement à destination des Etats-Unis et de la Chine.
 

Un secteur déjà en difficulté depuis plusieurs mois

Les tensions rencontrées par la filière des vins & spiritueux sont antérieures à la crise sanitaire. Point de situation dans les principaux pays importateurs de vins et spiritueux français :

  • Etats-Unis : une guerre commerciale lourde de conséquences pour la filière exportatrice

Les Etats-Unis, 1er marché mondial pour la consommation de vin, ont imposé mi-octobre dernier une surtaxe de 25% sur les vins non pétillants affichant moins de 14° d’alcool, en réponse aux subventions européennes accordées à Airbus. Ces sanctions douanières avaient entraîné une chute drastique de 44% des exportations de vin français en novembre 2019.

Par ailleurs, en anticipation de la surtaxe américaine et de la mise en place souhaitée par la France de la taxe sur les géants numériques (taxe Gafa), les Etats-Unis avaient constitué dès le 1er semestre 2019 des stocks très importants de vins importés. Outre le vin, le cognac – pour lequel les Etats-Unis représentent 50% des expéditions françaises - a quant à lui fait l’objet de cette sur-exportation fin 2019.

La Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux avait ainsi considéré en fin d’année dernière que la situation aux Etats-Unis était des plus inquiétantes pour le développement de la filière.

  • Asie : des modes de consommation modifiés et une concurrence étrangère accrue

La situation est également compliquée en Chine où le ralentissement de la croissance pèse sur le secteur des vins & spiritueux. Conséquence de la baisse du pouvoir d’achat, on constate une réorientation de la consommation de vins de prestige achetés dans les bars, restaurants et cavistes vers des vins d’entrée et moyenne gamme, achetés en supermarchés ou en ligne et consommés à domicile. Cette tendance pénalise les vins français qui représentent un créneau plutôt haut de gamme.

On note également une très forte concurrence, en particulier des vins d’Australie, devenue le 1er fournisseur de vin en Chine en volume grâce à un accord de libre-échange entre les 2 pays l’exemptant de droits de douane. Le Chili, qui bénéficie également par accord d’une exemption de taxes douanières sur ses vins en vrac, se place en 2ème position après l’Australie. La France est quant à elle soumise à un taux douanier de 14%.

A Hong-Kong, où les consommations se font en majorité dans les bars, restaurants et hôtels, les manifestions de l’année 2019 ont beaucoup impacté le secteur. La baisse des touristes qui en découle - de l’ordre de 60% en provenance de Chine continentale - a fortement réduit cette manne financière pour Hong-Kong avec des répercutions évidentes sur la filière des vins & spiritueux.

Des difficultés amplifiées avec la crise sanitaire

La principale difficulté pour le secteur réside dans la baisse des consommations qui résulte de la fermeture des bars et restaurants ainsi que de l’annulation de nombreux événements mondiaux tels que des salons, événements de dégustations, Jeux Olympiques au Japon… Les fermetures des aéroports ont fortement impacté à la baisse les ventes de spiritueux. 

Par ailleurs, le confinement a entraîné l’arrêt partiel voire la fermeture de certaines usines. A titre d’exemple, les arrêts de production des 4 premiers négociants de Cognac ont engendré une baisse de 64% en avril 2020 par rapport à l’année précédente.  

En Asie, les exportations de France se sont poursuivies normalement ces derniers mois malgré le confinement mais l’activité en Chine est restée très irrégulière. Prenons l’exemple de Hong-Kong qui a fermé au mois d’avril les bars qui représentent un important canal de ventes. Les restaurants qui eux sont restés ouverts ont dû observer des règles de distanciation sociale empêchant de pouvoir remplir les salles. Le volume total des ventes ne reviendra donc pas tout de suite à la normale.

L’impact sur les trafics de HAROPA

Au port du Havre, l’impact de la crise sanitaire est très net au mois d’avril où les volumes ont baissé, selon les produits, de 30% jusqu’à 70% pour les vins pétillants.

Bien que les stocks importants constitués dans les pays importateurs et tout particulièrement aux Etats-Unis ralentissent la reprise, les commissionnaires de transport estiment que des commandes devraient reprendre dans les mois à venir. 

La reprise de la filière sera-t-elle au rendez-vous ?

Dans cette période mouvementée, la France compte sur une reprise de la consommation, progressive mais certaine, ainsi que sur sa place de leader des exports de vins & spiritueux pour dynamiser la reprise de la filière. 

La filière Cognac reste également confiante pour la suite, confortée par des signes encourageants de la consommation en Chine et en Asie ainsi que par la résistance du marché américain notamment sur les produits de qualité.
 

 

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