HAROPA

Newsletter #4 - Mai 2020 - Votre question

- Ports de Haropa

Publié le

« Quel est l’impact de la crise sanitaire sur la filière biomasse/bois ? »

Cette filière, si régulièrement mise en avant en substitution aux énergies fossiles, se positionne difficilement en France en cette période de crise sanitaire. Explications.

Trafic de biomasse sur le port de RouenUne forte réduction de la demande


Une baisse sensible de la demande de bois-énergie a été identifiée très rapidement dans certains secteurs économiques. Depuis le 15 mars, début du confinement en France, bon nombre de chaudières et chaufferies tournent au ralenti ou sont à l’arrêt. Certains réseaux de chaleurs n’ont actuellement plus aucune utilité car les établissements collectifs qu’ils fournissaient, tels que les écoles, piscines, ou complexes hôteliers… ont été vidés. D’autres, moins nombreux, ont en revanche été très sollicités (hôpitaux, EHPAD..), mais en appoint aux énergies fossiles, de type gaz, ne permettant pas de compenser les baisses. 
 

Les cours des énergies fossiles au plus bas


De plus, les cours dramatiquement bas des énergies fossiles (en particulier gaz et pétrole), empêchent une reprise rapide de la filière. 

Les Fédérations professionnelles (CIBE, FNB, ADEME…) sont récemment intervenues sur les difficultés actuelles de reprise de la filière biomasse/bois, compte tenu des prix des énergies fossiles beaucoup trop faibles et des politiques commerciales très offensives des secteurs pétroliers et gaziers qui cherchent à récupérer des parts de marché. 

Des stocks anormalement élevés


Les volumes disponibles de bois-énergie en France sont actuellement en hausse.

La filière bois rencontre tout d’abord la problématique des coupes de nombreux arbres « scolytés » destinés à être brulés en totalité dans les chaufferies car inexploitables en première transformation. Ainsi, en creusant des galeries sous l'écorce des arbres, ces insectes dégradent les forêts obligeant à couper les arbres rapidement pour éviter une propagation plus rapide encore. L’épidémie de scolytes progresse et s’étend actuellement sur la plupart de forêts d’épicéas du Nord de la France. 

Par ailleurs, les stocks des producteurs français de granulés en France sont conséquents, car la saison de chauffe n’a pas été très active et la dernière campagne d’approvisionnement n’a pas été intense. 

En revanche, les stocks de déchets de bois issus de centres de tri - fermés pendant la période de confinement - ont fondu ces dernières semaines, laissant moins de volumes disponibles vers les circuits d’exportations pour les chaufferies nord européennes. Mais cela reste temporaire…. 

Rappelons qu’excepté les granulés spécifiques destinés aux chaufferies industrielles, les autres importations viennent en appoint à une production française très active. 

Un déséquilibre entre l’offre et la demande qui fragilise fortement le secteur


L’exacerbation du déséquilibre offre/demande - avec une diminution des besoins d’une part et des stocks très élevés d’autre part – a fortement fragilisé le secteur et n’est pas propice à la reprise. Par ailleurs, les projets de développement de nouvelles chaufferies collectives en France sont quasiment au point mort, conséquence des élections municipales inachevées empêchant toute prise de décision par les municipalités. 

Malgré les mesures complémentaires d’accompagnement et de soutien des pouvoirs publics, la filière n’entrevoit pas changements majeurs de la situation à court terme. Ce secteur ayant un caractère saisonnier, la reprise devrait s’annoncer lors de la prochaine campagne. 

Malgré une période difficile, la filière biomasse/bois est en devenir


Dans ce contexte contraint, les flux maritimes de bois-énergie de HAROPA ont toutefois augmenté sur les 4 premiers mois de l’année par rapport à la même période 2019, témoignant de la dynamique de cette filière. 

Bien que les éléments conjoncturels aient fortement perturbés la filière, celle-ci reste en devenir. Ainsi, le bois est la première source d’énergie renouvelable utilisée en France. Cette ressource est donc appelée à contribuer largement aux objectifs énergétiques et climatiques français de réduction significative de la consommation d’énergies fossiles.

 

 

Retour sommaire