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Newsletter #3 - Mai 2020 - A la une

- Ports de Haropa

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Filière BTP : une reprise progressive et très attendue

 

Depuis près de deux mois, la filière bâtiment et travaux publics, fortement impactée par la crise sanitaire liée au Covid-19, est l’un des secteurs les plus touchés en Île-de-France et en Normandie. En effet, l’INSEE estimait à 79 % la perte d’activité due aux mesures sanitaires décrétées dans le cadre de la pandémie. 

Des répercussions différentes selon les secteurs :

  • Industries de matériaux de construction et de valorisation : les sites de production de granulats naturels et de recyclage, les unités de production de béton prêt à l’emploi, les stations de broyage et les sites de stockage et de valorisation des déblais du BTP, bien qu’en activité limitée, sont restés opérationnels durant cette période pour répondre à la demande.
  • Bâtiment : la reprise est en cours. En effet, en Île-de-France, on estimait à 61 % la part des entreprises en arrêt au cours de la deuxième quinzaine d’avril, contre 67 % la quinzaine précédente. Dans cette logique, la Fédération des promoteurs immobiliers d’Île-de-France a annoncé fin avril que 30 % des chantiers de promotion immobilière avaient repris. 
    Toutefois, début mai, la part des reprises des chantiers était de 61 % en Normandie et de 28 % en Île-de-France. La Normandie apparaît donc moins touchée que la région francilienne dont les travaux en milieux urbains denses sont davantage contraints traduisant donc une reprise plus complexe.
  • Travaux publics : Ce secteur a été le plus touché avec plus de 90 % des entreprises déclarées à l’arrêt selon l’enquête flash menée par la Fédération nationale des travaux publics la semaine du 8 au 16 avril dernier.  
    On note cependant, en lien avec la reprise de chantiers d’envergure franciliens (prolongement du RER E vers l’ouest, construction de la station de la ligne 15 Sud à Vitry-sur-Seine et de la gare de Pont de Sèvres), l’utilisation de la voie fluviale pour l’évacuation des déblais de chantier. 
    Dans cette continuité, les travaux de reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été relancés : un second transformateur doit être acheminé par le fleuve depuis le port de Bonneuil-sur-Marne jusqu’à l’île de la Cité.

Un impact important sur les transports maritime et fluvial

Cette perturbation du secteur de la construction et des travaux publics a impacté les trafics portuaires en mars et en avril.

  • Trafic maritime : la majorité des acteurs du granulat marin et des roches massives ont vu leur tonnage baisser.
    Par ailleurs, les broyeurs n’ayant presque pas accueilli de navires, les flux de clinker/laitier ont reculé d’environ 35 %. 
  • Trafic fluvial : les livraisons ont également chuté selon Voies navigables de France. En avril, elles ont représenté 25 % des tonnages réalisés à la même période en 2019 pour les agrégats. Quant aux expéditions de déblais par barges/automoteurs, celles-ci ont également été stoppées. Dans ce cadre, une partie des entreprises de traitement de terres ont été contraintes de recourir au chômage partiel en raison du manque d’activité.

Vers une reprise de l’activité en juin ?

À la suite de cette période relativement difficile pour les acteurs, les carriers et cimentiers envisagent un retour à la normale à partir du mois de juin - voire même avant - comme en témoignent les exemples suivants :  

  • Reprise des livraisons des centrales de béton BPE en bord de voie d’eau ;
  • Démarrage mi-juillet du marché de fournitures des agrégats de l’usine Siemens (400 ktonnes d’agrégats 12 mois) ;
  • Retour à la normale du rythme des livraisons de ciment en vrac.

En revanche, aucun opérateur de valorisation de terres n’a communiqué sur ses flux à court terme (en dehors de ceux du Grand Paris). Toutefois, les professionnels restent confiants dans les perspectives à moyen terme de ce secteur, compte tenu des enjeux de dépollutions des friches industrielles.

Les professionnels militent pour un plan de relance

Malgré la reprise de grands chantiers d’infrastructure franciliens, cités précédemment et la réouverture progressive des chantiers de construction, les entreprises sont contraintes de réévaluer leur budget 2020 à la baisse.

De plus, les fédérations professionnelles alertent les pouvoirs publics sur la santé financière fragile des entreprises du BTP, des surcoûts engendrés par l’application des mesures barrières pour lutter contre le Covid-19 et des ralentissements ressentis depuis plus de deux mois dans la remise des autorisations d’urbanisme.
Un retour à la normale très attendu quand on connait le poids de cette filière en terme d’emploi et son « effet d’entraînement » sur le reste de l’économie.

 

 

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