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Newsletter #2 - Mai 2020 - A la une

Transport maritime de conteneurs Reefer : vers un retour à la normale dans un secteur qui reste malgré tout sous tension
- Ports de Haropa

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Un secteur en forte progression 

conteneurs reefer

Le marché du transport frigorifique conteneurisé est porté par une croissance régulière ces dernières années, avec une augmentation de plus de 7% en 2019. Aujourd’hui, 50% des marchandises échangées sous températures contrôlées le sont en mode maritime, dont 80% en conteneurs.

La dynamique du secteur s’explique principalement par :

Une demande croissante, avec de plus en plus de produits transportés sous température contrôlée et des marchés dynamiques. C’est le cas notamment en Asie où la classe moyenne, en demande de produits frais et sains, est en augmentation ;

Une augmentation des échanges conteneurisés de marchandise reefer, le nombre de navires vraquiers frigorifiques en service baissant régulièrement.  

Une garantie de qualité continue des produits transportés due aux progrès technologiques sur cette logistique spécifique.

Mais un secteur sous tension avec une pénurie importante de conteneurs reefer 

Néanmoins, ce secteur est soumis à une forte pénurie en conteneurs vides. 
Ainsi, les ports Européens, souffrent d’un déséquilibre important entre l’import et l’export de conteneurs reefer. L’Asie et en particulier la Chine, importe énormément et exporte très peu de produits sous température dirigée. Ce déséquilibre antérieur à la crise corona, avait déjà été amplifié par la peste porcine qui avait entraîné une très forte augmentation de la demande chinoise de viande de porc. 
Au-delà de ce déséquilibre des flux, le marché souffre d’un manque chronique de conteneurs reefer.
Un taux de fret longtemps sous-évalué n’a pas contribué à soutenir une capacité de fabrication de conteneur reefer suffisante pour faire face à une demande aujourd’hui exceptionnelle.  
La logistique du transport reefer conteneurisé est complexe. Avant chaque réutilisation, il convient de réaliser un pré-trip - contrôle technique et mise à température du conteneur - qui ne peut être réalisée que dans les ports maritimes et qui ralentit de fait le nombre de rotations de ces conteneurs. Un conteneur reefer ne réalise ainsi en moyenne que 4 à 5 voyages par an.
Actuellement, malgré une demande très soutenue mais sans garantie de tenue dans le temps, le manque de conteneurs ne permet pas de répondre à l’ensemble des besoins du secteur.

Le NOR* une piste de réflexion ?

Les retours à vide coutant très cher, les armements cherchent aujourd’hui à favoriser les retours non branchés appelés NOR - Non-Operating Reefer, notamment entre l’Asie et l’Europe. Malgré un volume utile environ 15% inférieur à celui d’un conteneur dry, le transport en NOR permet aux marchandises transportées de bénéficier de l’isolation des conteneurs reefer et a aussi pour avantage d’être moins onéreux qu’un transport classique.

Tension accrue sur le reefer avec la crise sanitaire mais retour à la normale en cours

Depuis le début de la crise sanitaire, le marché reefer s’est retrouvé encore plus déséquilibré qu’en temps normal. La priorisation demandée pour les  flux alimentaires et les produits de la santé a exacerbé la tension logistique. Pendant les premiers temps de crise en Asie, un grand nombre de conteneurs reefer y sont restés bloqués faute de dépotage ou de possibilité de transport. Puis en un second temps de ralentissement de la demande Européenne, la situation n’a pas pu se stabiliser et les flux ne se sont pas régulés. Par ailleurs, nombre de conteneurs ont été utilisés comme solutions de stockage temporaire pour faire face à la pénurie de capacité de stockage froid en entrepôts, frein supplémentaire à leur rotation. 
A ce jour, la situation est à la reprise du secteur de la logistique maritime sous température dirigée. Les conteneurs reefer reviennent d’Asie et l’on retrouve des disponibilités dans les entrepôts froids libérant les conteneurs utilisés pour du stockage temporaire.
 
Ce secteur revient à la normale mais reste néanmoins une filière sous tension.

 

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